Extrait de « Sa Mort m’a mise au monde » lu en public

Organisé par l’association Page blanche, le rendez-vous Tout Fougères se lit est une scène ouverte à la lecture. Pour la troisième année consécutive, les Fougerais ont eu l’occasion de lire leurs écrits, devant un public, samedi après-midi, salle Raoul-II.

Nadia Viret, auteure d’un ouvrage sorti l’année dernière, était la première a se lancer derrière le micro, face à une vingtaine de paires d’oreilles. Comme elle, ils étaient une douzaine à lire leurs écrits, publiés ou non. Des poèmes, une lettre, une pensée… L’objectif était simplement de « mettre en lumière les réalisations des Fougerais », précise Frédérique Niobey, animatrice à Page blanche.

Le 30/05/2015

https://www.ouest-france.fr/bretagne/fougeres-35300/les-mots-des-fougerais-ont-ete-lus-en-public-3447679

 

Nadia Viret-Viltard publie Lulu !

Jusqu’à l’âge de 48 ans, Nadia Viret-Viltard n’avait jamais imaginé publier un livre. Et puis est venu le besoin d’écrire, pour elle d’abord, puis de partager ses émotions avec des lecteurs. Il y a deux ans, cela s’était concrétisé par « Sa mort m’a mise au monde » , un ouvrage où l’habitante de Beaucé évoquait la vie de sa sœur handicapée.

« Tu en écriras un deuxième » lui ont dit ses amis. Elle était persuadée du contraire… Et pourtant, Lulu ! vient de paraître. Un livre que l’auteur décrit comme un conte, écrit en une quinzaine de jours, fruit à la fois de son imagination et de souvenirs d’enfance.

« On a tous une Lulu au fond de soi » estime Nadia Viret. Une petite fille qui pense avoir des super pouvoirs qui lui permettront de « réveiller » sa Mémé partie retrouver son Jules au paradis. Une Lulu pas très jolie mais aux yeux pétillants qui décide un jour d’aimer les autres pour qu’on l’aime. « On a tous envie de garder ses yeux d’enfant », ajoute l’auteur, persuadée que sa Lulu pourra toucher à la fois les adultes et les enfants. « J’aimerais bien que mon livre soit lu dans les bibliothèques », confie-t-elle.

Comme le premier, le deuxième livre de Nadia Viret est publié à compte d’auteur et imprimé chez Henry des Abbayes à Fougères.
 

Anita et Moi

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Anita, ma soeur handicapée est décédée le 5 Janvier 2011….et depuis ce jour, elle n’a jamais cessé d’être à mes côtés, chose inexplicable mais c’est exactement ce que je ressens au plus profond de moi. Elle me guide, elle me protège. C’est un sentiment étrange. J’ai cette impression qu’elle vit en moi. Ce titre complément fou : » Sa mort m’a mise au monde » est le reflet de ce qui m’est arrivé après son décès, j’ai réellement eu cette impression de naître ou de renaître d’une façon que je n’avais jamais connue avant, un état de paix, de sérénité.

J’ai commencé l’écriture de ce livre, environ 1 an après son décès car il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui m’arrivait, il m’a fallu beaucoup de signes de sa part, eh oui, je crois aux signes !!!!!

Voici donc le début de mon livre :

Nous sommes le mercredi 5 Janvier 2011. Elle est morte, et je suis née. Aberration des mots. Comment peut-on naître après une mort, eh bien on le peut, et cela m’est arrivé. Je n’ai pas compris tout cela le jour de son décès. Il m’a fallu temps, beaucoup de temps, des interrogations pour en arriver là.

Elle est morte, oui, ma soeur Anita est morte à 18 h 45 ce mercredi.

Et moi je suis née…Moi, Nadia, petit bout de femme, la dernière de sept enfants, avec comme grande soeur « Anita » de plus de 20 ans mon aînée, une soeur différente, handicapée, tétraplégique, qui est née le 22 octobre 1946 et décédée à 67 ans.

Nadia Viret : « Sa mort m’a mise au monde »

Nadia Viret, une habitante de Beaucé, vient de publier un livre où elle évoque la vie de sa sœur handicapée.

Nadia Viret est issue d’une famille nombreuse. Lors du décès de sa sœur Anita , elle éprouve « une grande perte , un vide ». «  J’ai connu des deuils mais le décès d’Anita me laisse complètement vidée » explique-t-elle.

Et puis, un matin en déjeunant, elle prend son petit ordinateur et écrit un titre « Sa mort m’a mise au monde ».

Des mots très lourds, qu’elle cherche à comprendre et à s’expliquer. « J’ai vécu intérieurement un tel changement que j’ai eu le sentiment de naître, d’où ce titre » analyse-t-elle .

« Une leçon de vie »

L’écriture de ce livre se fera petit à petit. Elle qui se dit « sans aucun talent d’écrivain » , écrit avec le sentiment que sa sœur la guide. Nadia mettra deux ans à sortir ce livre « écrit à quatre mains » .

Mais qui était cette sœur ? Quand Nadia vient au monde , sa sœur Anita a déjà 23 ans. Née pendant la guerre, elle est handicapée, tétraplégique à la naissance. Son espérance de vie est alors jugée très courte. Elle vivra pourtant jusqu’à l’âge de 67 ans.

Autant d’années de bonheur partagées avec les siens pour cette femme courageuse qui devient religieuse chez ses parents.

« Ma sœur était une leçon de vie » explique Nadia. Beaucoup de témoignages illustrent son livre, montrant que même meurtrie, fracassée, handicapée, la vie peut devenir belle… et embellir celle des autres.

Nadia Viret a ajouté à son récit des photos mais aussi des poèmes et des extraits du livre écrit par Anita « Une vie hors du commun » qui n’ont jamais été publiés.

« Sa mort m’a mise au monde », 10€, disponible à la librairie Mary.

https://actu.fr/bretagne/beauce_35021/livre-nadia-viret-sa-mort-ma-mise-au-monde_2899059.html

Nadia Viret livre un témoignage poignant

Sa mort m’a mise au monde, c’est le titre de l’ouvrage de 103 pages de Nadia Viret. Un titre qui interpelle le lecteur, qui interroge sur les sentiments que l’auteur a bien voulu y coucher. « C’est un livre que l’on n’a pas le droit de garder pour soi », dit Nadia Viret, en regardant avec bienveillance le portrait de sa soeur Anita. Elle avait 23 ans de plus que Nadia. Toute sa vie, Anita a été tétraplégique. Elle est décédée il y a trois ans, à l’âge de 67 ans. « On se sent plus fort et différent, quand on referme la dernière page », confie Nadia.

Chaque instant de sa vie, de l’enfance au passage adulte, l’auteure a été marquée par le lourd handicap de sa soeur. Son quotidien et celui de ses vieux parents ne ressemblait en rien à celui des autres. Clouée sur son fauteuil roulant, Anita exprimait des sentiments très forts qui bouleversaient son entourage. « Sa vie de femme meurtrie embellissait celle des autres », confie Nadia. Déjà, elle construisait l’avenir de sa soeur et personne ne s’en rendait réellement compte.

« Un an après le décès d’Anita, j’ai vécu un profond changement. J’ai eu le sentiment de naître, d’où le titre de cet ouvrage. Il fallait que je témoigne de cette réalité qu’il ne faut pas chercher à expliquer, mais à vivre. »

À travers le témoignage de Nadia Viret, le lecteur retrouvera force et courage. Après la phase d’anéantissement et le grand vide laissé par le décès de sa soeur, une paix intérieure et une sérénité se sont installées dans son coeur. Une mort qui l’a fait grandir et renaître pour une nouvelle vie.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/beauce-35133/nadia-viret-livre-un-temoignage-poignant-3089386

Un sourire – Poème d’Anita

Un sourire
Un sourire, c’est gratuit,
il fait toujours plaisir
à la personne qui le donne
et à qui veut bien le recevoir.
 
Il se donne à l’enfant
petit ou adolescent.
Il se donne aux plus grands,
seuls, malades, âgés, handicapés
ou exclus de la société.
 
Un sourire c’est un rayon de soleil
qui réchauffe le cœur.
Tu comptes même sans te connaître,
qui que tu sois, d’ici ou d’ailleurs.
 
Un sourire ça te fait exister,
ça se donne sans avoir à parler.
Un sourire ça calme, ça détend,
c’est un geste de confiance,
d’accueil et d’encouragement.
 
C’est le premier geste
du bébé à ses parents.
Dans la vie il est souvent
début d’amour ou d’amitié.
 
Évitons celui qui fait mal
quand il est forcé ou moqueur,
gardons celui qui fait le bonheur.
Dans toutes ses apparitions
notre maman du ciel a souri.
 
C’est le plus universel des messages
 
ANITA                      LE 1/3/2000

 

L’oeuvre

    J’ai 48 ans, et voilà maintenant deux ans que j’ai commencé l’écriture de ce livre. Un an après le décès de ma sœur Anita, handicapée. J’ai vécu intérieurement un tel changement que j’ai eu le sentiment de naître d’où ce titre : « Sa mort m’a mise au monde » avec une impression tellement forte qu’il fallait que j’écrive ce que voulait signifier ce titre, ce que je ressentais au plus profond de moi. Que je témoigne, que certaines choses arrivent, qu’il ne faut pas chercher à les expliquer, juste les vivre… Ce livre permettra peut-être aux personnes qui le liront de croire, de s’accrocher, que tout peut arriver, même le meilleur !

   C’était un matin, je prenais mon petit-déjeuner. Ce titre est arrivé « dans ma tête » avec immédiatement cette sensation que c’était exactement ce qui m’était arrivé.

    Après le décès d’Anita, j’étais née.

    Il est important de préciser que je n’ai aucun talent d’écriture et jamais aucune envie d’écrire, sauf à partir de ce moment là. Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui m’arrivait et pouvoir y mettre des mots. Ma sœur était une leçon de vie. Beaucoup de témoignages illustrent ce livre, comme quoi même meurtrie, fracassée, handicapée, la vie peut devenir belle… et embellir celle des autres.

   Merci à toutes les personnes qui m’auront lue.